Votre conseiller RN IMMOBILIER Rodrigue Nordin
Mercredi 02 Octobre 2013
Le projet de loi de finances pour 2014 a été présenté le 25 septembre dernier. Si le texte ne prévoit pas de bouleversements, l'immobilier est concerné pas plusieurs mesures : baisse de la TVA sur les travaux de rénovation des logements, hausse des frais de notaire, aménagement du crédit d'impôt « vert » et de l'éco-PTZ, gel des aides au logement. Par ailleurs, le PLF 2014 entérine la réforme de la taxation des plus-values immobilières des particuliers entrée en vigueur le 1er septembre dernier. Panorama des nouveautés du budget 2014.
Le projet de loi de finances pour 2014 (PLF 2014) a été présenté en Conseil des ministres puis à la presse le 25 septembre dernier. Selon le ministre de l'Économie et des Finances Pierre Moscovici, le budget 2014 poursuit deux ambitions : « stimuler la croissance et dynamiser l'emploi ».
L'immobilier est comme chaque année concerné par plusieurs mesures : réforme de la taxation des plus-values, hausse des frais de notaire, aménagement des aides écologiques, etc. Le point sur le futur budget 2014.
Afin de « fluidifier le marché immobilier » mais aussi de « lutter contre la rétention foncière », la taxation des plus-values immobilières des particuliers est réformée depuis le 1er septembre 2013. Cette réforme est validée par le projet de loi de finances pour 2014 qui en reprend l'intégralité.
Pour fluidifier le marché et créer un « choc d'offre », c'est-à-dire augmenter le nombre de transactions qui a beaucoup chuté depuis deux ans, la taxation des plus-values réalisées lors de la vente d'une résidence secondaire est grandement allégée depuis le 1er septembre dernier. Il est vrai que la baisse du volume des transactions pénalise fortement le budget des collectivités locales qui touchent l'essentiel de l'impôt intégré aux frais de notaire payés lors de chaque transaction...
L'allègement de la taxation passe par :
Au total, pour les particuliers l'économie d'impôt est importante : de plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers d'euros selon les situations. Il est donc redevenu très intéressant de vendre !
Cet allègement concerne tous les logements autres que la résidence principale (résidence secondaire, investissement locatif) ainsi que tous les autres biens immobiliers autre que les terrains à bâtir). Rappelons que la vente d'une résidence principale est systématiquement exonérée de taxation sur la plus-value.
Pour calculer l'impôt que vous avez à payer lors de la vente d'une résidence secondaire, vous pouvez utiliser notre calculette.
Pour lutter efficacement contre la crise du logement, il faut construire plus qu'actuellement... mais construire nécessite des terrains à bâtir. Pour mobiliser ceux qui appartiennent en nombre aux particuliers, le gouvernement va utiliser l'arme fiscale en durcissant fortement la taxation sur les terrains à bâtir. L'idée est de lutter contre la « rétention foncière », phénomène qui consiste à conserver son terrain le plus longtemps possible pour faire baisser la taxation sur la plus-value voire à bénéficier d'une exonération totale. Pour y parvenir, les abattements pour durée de détention seront purement et simplement supprimés à compter du 1er janvier 2014 afin de dissuader les propriétaires de terrains à bâtir d'attendre pour vendre. En effet, à compter de cette date, l'intérêt de conserver un terrain sera fiscalement nul.
En revanche, il y a un intérêt à vendre d'ici le 31 décembre 2013 pour bénéficier des actuels abattements !
Pour calculer l'impôt que vous avez à payer lors de la vente d'un terrain, vous pouvez utiliser notre calculette.
Les frais de notaire payés par l'acheteur devraient augmenter notablement en 2014.
Toute vente immobilière s'effectue chez le notaire et occasionne des frais d'acquisition supportés par l'acheteur qui représentent de 6 à 7 % du prix d'achat dans l'ancien. Ces « frais de notaire », comme il est d'usage de les qualifier, sont en grande partie constitués par l'impôt, appelé « droits de mutation » ou « droits d'enregistrement ».
Le taux global de cet impôt est aujourd'hui de 5,09 % du prix du bien dont un droit départemental d'un montant maximal de 3,80 % du prix. Le plafond du droit départemental serait porté à 4,50 % soit une hausse de 0,7 point. Le surcoût pour l'acheteur serait donc de 1.050 € pour un bien de 150.000 €, de 3.500 € pour un bien de 500.000 € et de 7.000 € pour un bien de 1.000 000 €. La mesure serait transitoire et s'appliquerait pendant deux ans du 1er mars 2014 au 29 février 2016.
La hausse des frais de notaire s'explique par la volonté du gouvernement d'aider les départements qui peinent à financer les dépenses de solidarité qui leur incombent (RSA, prestation de compensation du handicap, etc.) et qui augmentent dans le contexte actuel de crise économique et sociale. Mais elle est aussi un mauvais signal pour des acheteurs déjà très attentistes ! Une hausse aussi substantielle du coût global d'un achat vient également contrecarrer la volonté de fluidifier le marché qu'illustre la réforme de la taxation des plus-values immobilières. Les deux mesures peuvent même apparaître contradictoires, au moins dans leurs effets...
Il est difficile de savoir laquelle des deux mesures l'emportera et si l'espoir de voir le volume des transactions augmenter se réalisera.
Pour calculer les frais de notaire que vous avez à payer lors d'un achat immobilier, vous pouvez utiliser notre calculette.
Les travaux de rénovation (amélioration, transformation, aménagement et entretien) portant sur les logements achevés depuis plus de deux ans bénéficient actuellement de la TVA au taux réduit de 7 %, taux qui devait passer à 10 % au 1er janvier 2014. Le projet de loi de finances prévoit de ramener ce taux à 5 % à compter du 1er janvier 2014. Le projet de loi limite cette mesure aux seuls logements sociaux mais le président de la République a annoncé le 20 septembre dernier qu'elle concernerait également le parc privé, du moins en ce qui concerne les travaux d'économie d'énergie. Cette mesure poursuit un double objectif : soutenir l'emploi dans le secteur du bâtiment et favoriser la « transition énergétique ».
Le taux de la TVA sera également réduit à 5 % (contre 7 % aujourd'hui) pour les opérations d'accession à la propriété dans les zones d'aménagement et de rénovation urbaine (zones dites « ANRU ») et à leur périphérie.
Comme c'est le cas depuis plusieurs années, les aides aux travaux d'économie d'énergie seront une nouvelle fois réformées, avec comme contrainte deux objectifs difficilement conciliables :
Pour atteindre cet équilibre, le crédit d'impôt en faveur du développement durable (CIDD), dit crédit d'impôt « vert », et l'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) seront modifiés :
Dans un objectif de « maîtrise » des dépenses de l'État, les barèmes de l'aide personnalisée au logement (APL), de l'allocation de logement sociale (ALS) et de l'allocation de logement familiale (ALF) ne seront pas revalorisés comme chaque année au 1er janvier et resteront donc identiques en 2014 à ceux de 2013. Cette absence d'augmentation des aides au logement est un mauvais coup, notamment pour les étudiants dont les syndicats ont dénoncé la mesure. Le pouvoir d'achat des locataires devrait donc baisser sauf à voir l'encadrement des loyers prévu par la loi Duflot dite « Alur » s'appliquer rapidement.
Source : projet de loi de finances pour 2014
Publié par L Lamielle © pap.fr - 2 oct. 2013